Attention, voici l’un des vélos les plus excitants de 2026. Oui, nous le savons, l’année ne fait que commencer. Néanmoins, le Van Rysel FTP² figurera très probablement dans notre top 10 en décembre. Il bouscule tout simplement trop de conventions qui semblaient régir les vélos électriques jusqu’à présent pour être oublié dans les douze prochains mois. En même temps, il pourrait bien être l’une des plus grandes déceptions de l’année pour vous. Vous découvrirez pourquoi dans les prochaines minutes.
1. Le nec plus ultra – et plus encore
2. Van Rysel FTP² : un laboratoire sur deux roues
3. Des sensations dignes d’un cycliste professionnel
4. Trop puissant pour un usage pratique ?
5. Prix du Van Rysel FTP² supérieur à 20 000 euros
6. Vélo conceptuel plutôt que modèle de série
7. Quel a été le plus grand défi pour le fournisseur de moteurs Mahle ?
8. Perspectives pour les futurs systèmes de transmission et les tâches d’intégration
1. Le nec plus ultra – et plus encore
Le cadre est en carbone haut module. Il est intégré au moteur central Mahle M40, présenté en première mondiale lors du dernier Eurobike à Francfort. Son système de vélo électrique alimente, entre autres, le dérailleur électronique maison le plus cher de Sram actuellement, le Red AXS. Pour avancer, on utilise un pédalier en carbone Praxis Works. La marque haut de gamme Swiss Side fournit des roues de pointe avec des jantes aérodynamiques de 850 mm de large. Le fabricant Van Rysel assemble le tout dans un vélo de route électrique qu’il aurait tout aussi bien pu appeler « Soufflerie ». Ici, chaque détail crie à l’optimisation aérodynamique. À tel point que toute question sur la signification profonde du FTP² devient superflue.
Cependant, cela paraît un peu dur et ne rend pas justice au projet. Après tout, le vélo concept que Van Rysel présente au salon du cycle VeloFollies, qui débute aujourd’hui à Lille, a bel et bien un objectif précis. Tous les partenaires souhaitent acquérir de l’expérience en repoussant les limites, simplement pour explorer le champ des possibles. À cette fin, ils ont conçu un vélo autour d’un moteur électrique qui n’aurait probablement jamais vu le jour autrement. Et, à notre avis, il ne sera probablement jamais commercialisé, ni par Van Rysel ni par aucune autre marque.
2. Van Rysel FTP² : un laboratoire sur deux roues
Alors, que se passe-t-il lorsqu’on intègre un moteur central comme le Mahle M40 dans un appareil de sport haut de gamme tel que ce vélo de contre-la-montre ? Comment se comporte un tel vélo électrique ? Quelles contraintes les composants doivent-ils supporter, eux qui, dans de nombreux cas, ne sont pas habitués aux forces et au poids supplémentaires d’un moteur électrique ? Quels sont les avantages d’un tel ensemble aérodynamique de haute qualité pour un vélo électrique ? Nous l’ignorons. Van Rysel, Mahle et leurs collaborateurs, en revanche, sont désormais bien plus avisés. Ce n’est pas pour rien que Mahle le qualifie de laboratoire roulant.
D’après leurs propres déclarations, les participants souhaitaient explorer des scénarios de vitesse extrême en combinant les performances du cycliste et du moteur. Une attention particulière aurait été portée à des aspects tels que l’aérodynamisme et la conception du système. Les données recueillies avec le FTP² pourraient contribuer au développement de futurs vélos de route électriques et de vélos électriques haute performance similaires, et être intégrées à des applications pratiques.
3. Se sentir comme un cycliste professionnel
Selon Mahle, plusieurs années de collaboration ont été nécessaires pour développer ce prototype. Son nom est d’ailleurs très explicite. Le Van Rysel FTP² est conçu pour permettre aux cyclistes de doubler leur puissance seuil fonctionnelle (FTP) avec ce vélo électrique, leur offrant ainsi des sensations proches de celles d’un cycliste professionnel. D’où le « 2 » en exposant dans le nom de ce concept de vélo.

Pour celles et ceux qui roulent sans capteur de puissance et qui ne s’entraînent pas sur home-trainer pendant l’hiver, voici une brève explication : le terme « puissance fonctionnelle seuil » (FTP) est issu des sciences du sport et a été introduit en 2006 par le Dr Andrew Coggan et Hunter Allen. Il décrit la puissance maximale continue que vous pouvez maintenir pendant une heure à un rythme constant. La valeur FTP est comparable au seuil anaérobie, au seuil lactique, au seuil ventilatoire et à la puissance critique. Sa valeur absolue est particulièrement pertinente lors des contre-la-montre.
4. Trop puissant pour une utilisation pratique ?
Concernant la référence à la valeur FTP, nous avons quelques questions. Imaginons le scénario suivant : votre FTP est de 150 watts. Vous recevez un Van Rysel FTP² et pouvez tenter d’atteindre votre meilleure performance. Cela signifie que vous pédalez constamment à 150 watts pendant une heure, avec l’assistance du Mahle M40. En conditions de performance maximale, cela représente 400 %. Si vous roulez au niveau d’assistance le plus élevé, quadruplant ainsi les 150 watts, vous atteindriez un total de 600 watts. Théoriquement, l’objectif serait alors atteint.
En pratique, cependant, le moteur atteint sa puissance maximale absolue à 850 watts. Il ne dépassera jamais cette valeur, même si, par exemple, vous parvenez à maintenir 250 watts pendant une heure. À partir de ce point, le calcul n’est plus valable.
De plus, la limitation de vitesse du moteur a été supprimée dans le cadre de ce projet. Autrement, à la limite de 25 kilomètres par heure (ou 45 kilomètres par heure pour un vélo à assistance électrique rapide), le moteur aurait cessé de fournir une assistance et le dispositif de test n’aurait mesuré que la puissance de pédalage générée par un utilisateur. C’est pourquoi cette astuce a été utilisée.

5. Prix du Van Rysel FTP² supérieur à 20 000 euros
En réalité, un vélo électrique de ce niveau technique a peu de chances d’être commercialisé. Son prix serait prohibitif. Il pourrait même avoisiner le prix du vélo de contre-la-montre utilisé par le cycliste professionnel suisse Stefan Küng lors du Tour de Suisse 2024. Selon le magazine Rennrad News, son modèle Wilier Supersonica SLR aurait coûté 27 400 euros en magasin.
Il est également pertinent de s’interroger sur le sens profond d’un tel projet. Un vélo pesant peut-être le poids minimum de 6,8 kg autorisé dans des courses comme le Tour de France a-t-il réellement besoin d’un moteur électrique ? On peut supposer que de nombreuses personnes seraient capables d’atteindre une vitesse maximale de 25 km/h avec un effort raisonnable. Au-delà de ce seuil, l’effort serait négligeable, car le moteur ne pourrait plus assister le pédalage, comme c’est le cas pour tout autre vélo à assistance électrique.
Autre question intéressante : combien de personnes souhaiteraient utiliser un vélo électrique avec cette position de conduite ?
6. Vélo conceptuel plutôt que modèle de série
Les partenaires du projet adoptent toutefois une vision réaliste du Van Rysel FTP². D’une part, ils s’accordent tous à dire que ce type de modèle est avant tout destiné à des essais. Observer des concepts théoriques en pratique. S’inspirer et motiver, eux-mêmes et d’autres, à concrétiser une idée qui peut paraître farfelue au premier abord. De plus, le communiqué de presse souligne qu’une commercialisation ultérieure est exclue. Quel dommage ! Nous aurions adoré participer à un essai. 😉
7. Quel a été le plus grand défi pour Mahle, fournisseur de systèmes de propulsion ?
Interrogé sur le principal défi de ce projet, Mahle a souligné la nature exploratoire du travail. Concevoir un prototype combinant un cadre unique, une aérodynamique avancée et des composants non conventionnels impliquait de sortir des paramètres habituels d’un vélo électrique commercial. Cela a nécessité d’adapter les technologies, les processus et les approches d’intégration à un nouveau contexte, tout en garantissant la sécurité et la cohérence technique. Le défi résidait donc davantage dans la portée expérimentale du projet que dans un élément en particulier.
8. Perspectives pour les futurs systèmes de propulsion et les tâches d’intégration
Par ailleurs, il a été particulièrement précieux pour Mahle d’observer comment les différents éléments interagissent lorsque les contraintes habituelles du secteur sont levées. Ce type de collaboration contribue à élargir la compréhension des voies d’intégration possibles et des considérations techniques qui pourraient s’avérer pertinentes pour les développements futurs. Ainsi, Mahle a pu mieux appréhender l’évolution à long terme de l’assistance électrique et de l’intégration des systèmes.









