Aux États-Unis comme en Europe, les personnes âgées et les adultes en âge mûr constituent le groupe dominant de propriétaires de vélos électriques. Pourtant, du moment que transporter ses livres dans des parcours longs ou vallonnés est fatiguant avec un vélo classique, l’adoption du vélo électrique par les jeunes éviterait les bouchons causés par les parents qui accompagnent leurs enfants à l’école. Sans parler de la perte de temps, d’argent, et de l’inhalation de gaz toxiques. Les vélos électriques seraient aussi l’occasion d’une saine activité physique quotidienne.
Aux USA, les propriétaires de vélos électriques appartiennent surtout à la génération des baby-boomers. Les tranches d’âge les plus représentées sont les 45-54 ans, les 55-64 ans et les 65 ans et plus. En termes d’intérêt, alors que l’UE est majoritairement masculine (environ 80 %), aux États-Unis, on observe une répartition de 70 % d’hommes et 30 % de femmes parmi les acheteurs.
Âge des utilisateurs de vélos électriques en Europe : résultats d’une enquête française

Age des possesseurs de vélos électriques en France
Le Cerema, un Établissement national français à gouvernance partagée entre l’État et plus de 1 000 collectivités, spécialisé dans les transports et l’environnement, a interrogé 22 163 bénéficiaires de primes à l’achat de vélos électriques. Les résultats confirment la prédominance des seniors.
Âge : plus de 55 ans Logiquement, les plus de 55 ans représentent la grande majorité des bénéficiaires, soit 68 %, bien plus que les retraités. De fait, l’achat d’un véhicule électrique semble directement lié à l’âge. Aux Pays-Bas, il s’agit d’un moyen de prolonger l’utilisation du vélo.
Profession : retraités. Les retraités constituent de loin le groupe le plus important de bénéficiaires (46 %), alors qu’ils ne représentent que 27 % de la population totale.
Qu’est-ce qui freine l’achat de vélos électriques, notamment chez les jeunes ?
Sans surprise, le coût élevé arrive en tête (70,2 %, et les jeunes sont les moins aisés), suivi par le « manque de besoin » (33,5 %), la peur du vol (26,2 %), l’impossibilité de réparer son propre vélo électrique (24,6 %), l’aspect environnemental (20,9 % – en France, la consommation d’énergie nucléaire, les conditions d’extraction du lithium et le problème du recyclage des batteries), le coût de l’entretien (17,3 %) et le manque de fiabilité (15,2 %). Bien entendu, les répondants pouvaient donner plusieurs réponses.
Que faudrait-il pour inciter les jeunes à utiliser des vélos électriques ?
Probablement des vélos électriques moins chers et pliables, faciles à transporter dans les trains et les bus, mais aussi davantage de pistes cyclables, ainsi que des abris à vélos dans les écoles et près des stations de métro.

Le skateboard électrique de Pietro coûte 650 €
Nous avons interviewé Pietro (photo du haut), un jeune homme vivant à Paris, qui se déplace en skateboard électrique plutôt qu’à vélo électrique.
1. Où habitez-vous ?
À Asnières-sur-Seine, près de Paris.
2. Quelle est votre profession ?
Je travaille et j’étudie les ressources humaines.
3. Quelle est la distance entre votre domicile et votre lieu de travail ?
Une demi-heure à pied, 15 minutes à vélo.
4. Comment vous rendez-vous au travail ?
En skateboard électrique. C’est plus pratique que le Vélib’ (vélos en libre-service parisiens) car je n’ai pas besoin d’aller à la station. Le matin, je prends mon skateboard et c’est parti.
5. Et quand il pleut ?
Il n’y a pas de transports en commun pratiques entre mon domicile et mon travail, alors je prends toujours mon skateboard. Le problème, c’est que la pluie abîme les roulements des roues. J’évite donc les flaques d’eau autant que possible, mais j’ai déjà dû les changer une fois.
6. Et quand il fait froid ?
Je me couvre bien et… je prends mon skateboard.
7. Quand vous sortez avec vos amis, quel moyen de transport utilisez ?
Principalement les transports en commun : métro, train… J’ai un abonnement annuel Navigo qui me coûte 175 € et qui m’évite de trimballer mon skateboard électrique quand je suis avec mes amis. Au final, c’est assez lourd quand on ne l’utilise pas.
8. Quels sont les avantages d’un skateboard électrique par rapport à un vélo électrique ?
Le fait de pouvoir l’emmener partout… Son format est vraiment pratique et facile à transporter. Je le trouve aussi beaucoup plus amusant, mais c’est vrai qu’il est plus dangereux : une chute sans protection peut faire très mal à 25 km/h. Mais il n’a pas que des avantages : il n’est pas très adapté à la pluie, et dès que la route n’est pas lisse, on le sent tout de suite et ce n’est pas du tout confortable.
9. Pourquoi ne pas envisager l’achat d’un vélo électrique ?
Parce que je ne saurais pas où le ranger. Je n’ai ni balcon ni espace pour le stocker… De plus, si je veux un vélo électrique, je peux prendre un abonnement Vélib’ qui me coûterait moins de 10 € par mois et me donnerait accès à des vélos partout à Paris et en dehors. Mais je ne serais pas contre l’idée d’acheter un vélo performant ; il serait probablement plus autonome qu’un Vélib’ (vélo en libre-service), mais c’est un investissement.
10. Dans quelles conditions pourriez-vous envisager l’achat d’un vélo électrique ?
Avoir un appartement plus grand pour le ranger, ou vivre dans une ville où les transports en commun sont tellement mauvais qu’un vélo serait indispensable.
11. Combien de personnes 20 et 35 ans, dans votre entourage, utilisent un vélo électrique ?
Je ne connais personne qui possède un vélo électrique. Cependant, j’ai plusieurs amis qui utilisent régulièrement les vélos électriques Vélib’ quand il fait beau.
12. Pourquoi, à votre avis, y en a-t-il si peu ?
Dans notre région, la plupart des gens sont satisfaits du réseau RATP qui, malgré ses lacunes, leur permet de se déplacer. Ceux qui doivent effectuer des trajets non couverts par les transports en commun achètent généralement un scooter électrique.
13. Pensez-vous que dépenser environ 2 500 € pour un vélo électrique soit un bon investissement ?
On dépense autant pour des scooters, donc non, cela ne me paraît pas absurde. Mais le vélo reste une alternative économique, pas une dépense dans laquelle on investirait spontanément son salaire. (Le skateboard électrique de Pietro coûte 650 €, mais sa durée de vie est bien inférieure à celle d’un vélo électrique). Je pense que quelqu’un qui dépense 2 500 € pour un vélo serait un passionné de vélo électrique, tandis que quelqu’un qui a simplement besoin de se déplacer se contentera probablement d’un modèle deux fois moins cher. Mais si on l’utilise tous les jours, ça vaut le coup.
14. Achèteriez-vous un vélo électrique suffisamment léger et pliable pour être facilement transporté dans les transports en commun ?
Je ne pense pas. Je n’aime pas l’esthétique des vélos pliants. Si j’achète un vélo, je le préfère grand, confortable et performant, des qualités qu’un vélo pliant n’évoque pas spontanément pour moi. Si je veux un véhicule pliable et transportable, ce serait un skateboard, un monoroue ou une trottinette.
15. Dans quelle mesure pensez-vous que les vélos électriques peuvent remplacer les voitures en ville ?
Il est difficile de remplacer complètement les voitures : les Parisiens et les habitants de la petite banlieue se déplacent déjà principalement en transports en commun, mais les habitants de la grande banlieue n’ont parfois pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Des villes comme Amsterdam me laissent penser que ce n’est pas impossible. Là-bas, tout le monde se déplace à vélo. Si j’habitais là-bas, je m’achèterais sans doute un super vélo.
16. Qu’aimeriez-vous améliorer en priorité à Paris ? De nombreuses pistes cyclables à Paris sont mal connectées, présentent souvent des transitions ambiguës, voire dangereuses, entre la chaussée et la rue, la signalisation pour les vélos est absente, certaines routes goudronnées sont impraticables et il faut parfois se serrer pour partager la piste cyclable avec les piétons et les voitures. Les véritables voies cyclables (qui, contrairement aux pistes cyclables, sont physiquement séparées de la chaussée) sont rares.
