En Europe, 68 % des utilisateurs de vélos électriques ont plus de 55 ans. Aux États-Unis, ils sont probablement un peu plus jeunes. Cependant, plus on vieillit, moins notre cerveau est performant. Le vélo est un excellent outil pour préserver sa santé cérébrale. Un exercice intense et régulier sur un vélo classique dilate les vaisseaux sanguins, améliorant ainsi les capacités mentales à long terme. Néanmoins, le raisonnement à court terme est davantage amélioré par des efforts légers que par des efforts plus intenses. Vélos classiques et vélos électriques présentent des avantages différents. Nous ne voulons absolument pas dire que les vélos électriques sont supérieurs.
Comment le cerveau fonctionne grâce au vélo, bénéfique pour la santé
Sans entrer dans les détails, une introduction au processus de contraction musculaire est essentielle, car elle constitue la base de la compréhension de la dynamique et de l’entraînement ultérieur. Tout commence dans le cerveau : une commande motrice y apparaît sous la forme d’une impulsion électrique (potentiel d’action). Ce potentiel longe la moelle épinière et atteint l’extrémité du motoneurone. À cet endroit, un espace, appelé espace synaptique, sépare le motoneurone de la fibre musculaire. L’impulsion électrique stimule la production d’acétylcholine, un neurotransmetteur qui atteint la fibre musculaire. Le potentiel d’action est alors transmis au muscle, qui transite par des canaux spécifiques (tubules T transverses) et atteint l’unité contractile : le sarcomère. On comprend alors que la composante nerveuse de la force est aussi importante que la composante musculaire. C’est pourquoi le vélo stimule la partie sensorielle du cortex cérébral, c’est-à-dire celle qui nous permet de percevoir nos muscles, notre corps et ses mouvements.
Pourquoi les vélos électriques peuvent être plus bénéfiques pour la santé mentale et les fonctions cérébrales que les vélos classiques
L’assistance électrique permet aux jeunes de parcourir de plus longues distances, en particulier. Il est beaucoup plus facile d’utiliser régulièrement un vélo électrique qu’un vélo classique, car le premier est plus adapté aux déplacements domicile-travail, aux courses, etc. Les scientifiques soulignent que la régularité est primordiale pour tirer le meilleur parti du vélo.
De plus, le stress induit par un effort physique intense altère les fonctions cérébrales. Il suffit d’évaluer votre capacité de raisonnement lorsque vous roulez à vélo sur une longue montée raide. Par exemple, au comble de l’effort, essayé de calculer combien vous avez dépensez en carburant la dernière année. Pas facile. Les vélos électriques, par contre, nous permettent de réduire considérablement notre effort physique, facilitant le raisonnement.
Les deux, classique et électrique, sont bénéfiques pour le fonctionnement cérébral
Une étude publiée début 2019 a analysé l’effet du vélo en extérieur sur les fonctions cognitives et le bien-être mental de 100 adultes âgés de 50 à 83 ans. La particularité de cette étude est que les chercheurs ont également évalué l’effet de l’utilisation d’un vélo à pédalage assisté (VAE). L’analyse a duré 8 semaines, et les participants ont pédalé au moins 3 fois par semaine pendant 30 minutes. Les chercheurs ont évalué les fonctions cognitives et le bien-être des participants avant et après les 8 semaines de vélo. Concernant les fonctions exécutives (attention, mémoire de travail et flexibilité cognitive), tant le groupe de participants ayant pédalé sur un vélo standard que celui ayant utilisé le vélo électrique ont montré une amélioration significative de leurs performances cognitives par rapport au groupe de participants n’ayant pas pédalé. Étonnamment, les chercheurs ont montré que les améliorations du groupe ayant utilisé le vélo électrique étaient similaires, voire supérieures, à celles du groupe ayant pédalé sur un vélo musculaire. Cette étude suggère que l’utilisation du vélo électrique a également des effets positifs sur le fonctionnement cérébral (Leyland LA. et al., 2019).
Sauf si l’on évite les efforts prolongés, les vélos classiques sont moins bénéfiques pour le cerveau que les vélos électriques.
Étude du professeur Bijli Nanda : « Des séances ponctuelles d’exercices aérobiques d’intensité modérée, comme la marche, améliorent le contrôle cognitif de l’attention chez les enfants. Cependant, certaines études n’ont rapporté aucune amélioration de la flexibilité cognitive après un exercice aérobique intense. Un exercice aérobique sous-maximal effectué pendant 60 minutes facilite certains aspects du traitement de l’information chez les adultes, mais des exercices prolongés entraînant une déshydratation compromettent à la fois le traitement de l’information et les fonctions mémorielles. Une amélioration des fonctions exécutives a également été constatée lors de la pratique du vélo à 70 % de la réserve de fréquence cardiaque (RCF) chez les jeunes et les personnes âgées. »
« Salut maman, je suis content d’être arrivé premier »
Il y a quelques années, en Italie, un célèbre champion cycliste a suscité l’ironie du public. Interviewé à la télévision juste après sa victoire, il a salué sa mère en disant qu’il était arrivé « un », au lieu de « premier ». Je pense que c’était un autre exemple de l’affaiblissement de notre cerveau pendant et juste après un effort physique intense.
Cela explique bien pourquoi les vélos électriques sont bien plus bénéfiques pour notre cerveau que les vélos, si nous pédalons à fond sur ce dernier, en déployant la majeure partie de notre énergie. Lorsque nos muscles consomment la plus grande quantité possible d’oxygène du sang (oxyhémoglobine), il en reste peu pour les fonctions cérébrales. Cela ne signifie pas que les muscles siphonnent tout l’oxygène, mais simplement que le taux global d’oxygène dans le sang est réduit. Le raisonnement, la mémoire et les perceptions sont tous affectés par des efforts physiques intenses et prolongés. Les vélos électriques permettent de rouler plus vite avec un effort modéré, comme sur un tapis volant. La pratique du vélo électrique stimule la production de sérotonine et de dopamine. Par conséquent, nos capacités cognitives sont améliorées pendant et après la pratique.
Vieillissement cérébral et vélo électrique
Le vieillissement s’accompagne non seulement d’une atrophie musculaire et d’une perte de force (appelée sarcopénie), mais affecte également les capacités cérébrales et cognitives telles que l’attention, la pensée active et la mémoire.
Il est important de noter que le cerveau, s’il n’est pas stimulé, commence à s’atrophier dès 30 ans. Cette atrophie est « aléatoire » et peut affecter le cortex frontal, préfrontal ou temporal, entraînant une diminution des capacités de parole, de mouvement ou de mémoire.
Une revue récente de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis (c’est-à-dire une analyse critique de toutes les études existantes), intitulée « Exercice physique et performance cognitive chez les personnes âgées : perspectives actuelles », visait à comprendre les effets d’une activité physique régulière sur les capacités cognitives des personnes de 60 ans et plus. Les nombreuses études analysées dans cette revue ont montré les effets bénéfiques de l’activité aérobie sur l’oxygénation et les échanges de nutriments vers le cerveau, l’aidant à rester jeune. Certaines études ont montré que, chez les patients atteints de démence, l’activité physique permettait de faire régresser la maladie à un stade plus bas.
En conclusion, il a été largement démontré que le vélo a des effets positifs indéniables sur le fonctionnement cérébral, de l’amélioration des performances cognitives à la lutte contre le stress, l’anxiété et la dépression, en passant par la prévention de maladies graves comme la maladie de Parkinson.
Le vélo non agoniste et le vélo électrique réduisent le stress
Selon Luca Murru, neuroscientifique spécialisé dans la recherche sur l’activité neuronale dans les maladies dégénératives du cerveau au CNR (Conseil national de la recherche italien), la pratique régulière du vélo aide à lutter contre le stress en réduisant les niveaux de cortisol (l’hormone du stress) et atténue les états d’anxiété grâce à la libération d’endorphines, une catégorie d’hormones qui agissent à la fois comme anxiolytiques et analgésiques naturels. De plus, le vélo augmente les niveaux d’anandamide, une molécule appartenant à la famille des cannabinoïdes, dont fait également partie le principe actif du cannabis. Agissant sur les mêmes récepteurs que le cannabis, il induit des effets très similaires, tels que l’euphorie, améliore la pensée créative et la capacité à trouver des solutions aux problèmes. Ceci explique l’état d’excitation fréquent que ressentent les cyclistes après une bonne sortie à vélo. En revanche, le vélo agoniste provoque du stress et altère le fonctionnement cérébral lors d’efforts physiques intenses, ce qui le rend beaucoup moins bénéfique pour le cerveau.
Le vélo électrique procure les sensations les plus proches du vol
Ceux qui utilisent un vélo électrique, notamment un vélo de ville à pneus lisses, savent de quoi nous parlons. De plus, un vélo électrique peut devenir notre atelier personnel pour la créativité.
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